Adolfo Bioy Casares est une des grandes figures de la littérature argentine… et une des plus sympathiques.
Dandy raffiné, grand séducteur, il fait preuve dans ses nombreux romans d’un sens de l’humour raffiné et ironique. Sa grande culture n’apparaît qu’en filigrane, et son style est limpide, vif et élégant.
Voici une petite biographie de cet écrivain né à Buenos Aires, qui y a résidé toute sa vie, et y a situé un grand nombre de ses romans et nouvelles. Sous sa plume, la ville devient parfois une cité fantasmagorique, théâtre d’évènements fantastiques qu’il place volontiers dans le quotidien le plus familier, le plus rassurant.
Biographie de Adolfo Bioy Casares Adolfo Bioy Casares est né à Buenos Aires en 1914, dans une famille aisée. Enfant et adolescent, il effectue de nombreux voyages en Europe.
Il étudie plusieurs langues étrangères, dont le français, qu’il maîtrise parfaitement. Par la suite, il étudie (et abandonne) successivement Droit, Philosophie et Lettres.
Ami de Victoria Ocampo, écrivain et féministe, elle aussi d’une riche famille de Buenos Aires, il rencontre grâce à elle en 1932 José Luis Borges, qui deviendra un ami très proche. Ils entretiendront toute leur vie cette amitié, ainsi qu’une abondante correspondance. En 1934, à vingt ans, il épouse Silvina Ocampo, la soeur cadette de Victoria.
Silvina Ocampo et Borges le convainquent d’abandonner les études pour se consacrer exclusivement à la littérature... les moyens économiques de sa famille le lui permettent. Adolfo Bioy Casares est connu dans l’histoire de la littérature argentine – et l’histoire de Buenos Aires – comme un dandy, très élégant, multipliant les conquêtes, et extrêmement cultivé.
En 1940, il publie La invención de Morel, un roman fantastique, poétique et rigoureux à la fois, qui obtint le 1er prix municipal l’année suivante. Ce court roman fantastique marque le début de sa carrière littéraire (si l’on exclut les écrits d’enfance, et un roman écrit à 15 ans, publié à compte d’auteur).
D’autres de ses romans :
- Plán de Evasión (1945)
- El sueño de los héroes (1954)
- Diario de la Guerra del Cerdo (1969) qui lui valut un grand succès critique et de ventes
- Historias de amor (1972)
- Dormir al sol” (1975)
Avec Silvina Ocampo, elle-même écrivain (auteur de plus d’une vingtaine de romans et de recueils de nouvelles, ainsi que de poèmes), il écrit “Los que aman, odian”, une fin d’été à Mar del Plata.
Ce roman, un des tout premiers romans policiers argentins, est leur seule oeuvre littéraire en commun. Par ailleurs, ils réunissent ensemble, et avec Borges, une “Anthologie de la littérature fantastique” (1940).
José Luis Borges et Adolfo Bioy Casares écrivirent beaucoup ensemble, notamment des
romans policiers.
Ils publient ces romans parfois sous le nom de B. Suárez Lynch ou, le plus souvent, de H. Bustos Domecq. De leur collaboration naissent :
- Seis problemas para don Isidro Parodi (1942)
- Dos fantasías memorables (1946)
- Un modelo para la muerte (1946)
- Cuentos breves y extraordinarios (1955)
- Libro del cielo y del infierno (1960)
- Crónicas de Bustos Domecq (1977)
- ainsi que plusieurs scénarios, dont “les Autres”, filmé en 1971 par Hugo Santiago
Adolfo Bioy Casares publia aussi bien des romans que des
nouvelles, un genre très présent dans la littérature argentine, et aussi respecté que le roman. La plupart des grands écrivains argentins ont toute leur vie publié des récits courts, appelés “cuentos” quel que soit leur style (fantastique ou non).
Les romans policiers mettant en scène Don Isidro Parodi font preuve d’un grand
sens de l’humour. Isidro Parodi, de sa cellule en prison, entre deux matés, résout les problèmes de ceux qui viennent le voir, simplement par déductions successives et finesse psychologique.
Ensemble, José Luis Borges et Adolfo Bioy Casares créèrent et dirigèrent une célèbre collection de romans policiers “Le septième cercle” (El Séptimo Círculo), et compilèrent plusieurs anthologies, parmi lesquelles “Los mejores cuentos policiales” (1943).
Connu pour son amitié avec Borges, qui lui fait parfois de l’ombre (alors que Borges l’admirait beaucoup comme écrivain), et pour ses nombreuses aventures féminines, il écrit dans un style classique et élégant.
Ses récits sont impeccablement construits, mêlant de façon magistrale fantaisie et la réalité, paranormal et psychologie amoureuse. Il s’illustre dans la littérature fantastique, et les récits policiers.
Il a reçu (entre autres prix) le prix Cervantes en 1990, et la Légion d’Honneur française en 1981. Décédé en 1999, Adolfo Bioy Casares est enterré au cimetière de la Recoleta, à Buenos Aires.
Une citation ?“Para escribir no hay mejor receta que escribir”